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un voyage

Voyager responsable : comment faire la part des choses à voir ou faire

Vous êtes du genre à trier vos déchets ? À prendre des douches courtes ? Même lorsque vous voyagez, vous essayez d’appliquer ces petites règles pour voyager de façon plus responsable ? C’est un bon début ! Cependant, de telles petites habitudes ne sont pas celles qui pèsent le plus dans la balance, à notre plus grand regret. Loin de nous l’envie de vous en décourager, au contraire, mais pour laisser un véritable impact, il vous faut vous concentrer sur ce qui pèse vraiment. Une fois que vous saurez où réellement agir, vous ne préparerez plus vos vacances de la même façon.

La question des émissions carbone

Quand on parle de voyager de manière responsable, la question de la pollution est celle qui revient en premier. Le dernier bilan carbone du Tourisme en France publié par l’ADEME, l’agence publique de la transition écologique, porte sur l’année 2022 et donne un bon aperçu des différentes causes de la pollution touristique et de leur poids sur la balance.

En 2022, le secteur a émis 97 millions de tonnes de CO², soit l’équivalent carbone annuelle de 10,5 millions de Français. Les émissions sont rangées en deux grandes catégories :

69%

Part de l’empreinte carbone causée par le transport, dont 29 % pour le seul transport aérien.

25%

Part relevant de l'hébergement, la restauration et les achats de biens touristiques réunis.

C’est indéniable, la manière de vous rendre sur place compte presque trois fois plus que tout ce que vous ferez une fois arrivé(e).

Les principaux leviers activables

➡️ La distance à parcourir

C'est le premier facteur sur lequel vous pouvez agir pour voyager de façon plus responsable, avant même le choix du mode de transport. Un séjour à 400 kilomètres de chez vous ne joue pas dans la même catégorie qu'un séjour à 2 000 kilomètres. L'ADEME identifie la provenance des touristes comme l'un des leviers majeurs pour décarboner le secteur.

✈️ Le mode de transport à emprunter

À distance égale, les écarts entre l'avion, la voiture et le train sont considérables. En France et par voyageur, le train est de très loin le moyen de transport le plus écologique. Certes, les ordres de grandeur varient selon le type de train et le mode de calcul, mais l'écart avec l'avion se compte en dizaines de fois. Sur un trajet Paris-Marseille, le train est quasiment 80 fois moins polluant que l'avion ! Le calculateur Impact CO2 de l'ADEME permet de comparer un trajet précis en quelques secondes.

⏱️ La durée du séjour

Que vous restiez trois jours ou trois semaines, le trajet aura le même impact. Ou presque. En effet, plus un séjour est long, plus il amortira le coût carbone du trajet. À durée de trajet égale par séjour, trois week-ends lointains dans l'année pèsent bien plus qu'un seul voyage de deux semaines.

Pour voyager responsable, notez donc bien ces trois leviers :

Partir moins loin

Partir plus longtemps

Privilégier le train dans la mesure du possible

Que faire si la destination est lointaine ?

Pour certains voyages, le train n’est pas une option. Il existe des destinations que vous ne verrez jamais autrement qu’en prenant l’avion. Il ne faut pas y renoncer pour autant. Ces territoires vivent souvent du Tourisme et un boycott collectif fragiliserait des populations qui subissent déjà les effets du dérèglement climatique.

Ce qu’il vous faut faire, c’est traiter ces voyages pour ce qu’ils sont : des exceptions. Veillez à les espacer, à les rallonger et à bien les préparer. Voyager responsable, c’est privilégier un grand voyage tous les cinq ans en prenant son temps, plutôt qu’un long-courrier chaque année.

Que faire une fois sur place ?

Les petits gestes écologiques quotidiens ont-ils toujours leur importance ? Bien sûr ! Rappelez-vous, ils représentent un quart de l’empreinte du secteur, ce qui n’est pas rien. Le piège serait de se rassurer à bon compte. L’attention portée à ces petits gestes donne le sentiment d’avoir agi et détourne du seul arbitrage qui pèse réellement : celui de la distance et donc de la destination. Un séjour irréprochable dans un hébergement exemplaire après un vol long-courrier reste un séjour à forte empreinte. Aucun tri sélectif ou litre économisé ne pourra rattraper un aller-retour intercontinental. Ces gestes sont bienvenus, mais il faut les replacer dans leur contexte.

La question des retombées économiques

Agir pour un Tourisme responsable ne se limite pas qu’à l’empreinte carbone. Le développement durable identifie trois axes : l’environnement, l’économique et le social. Ce dernier volet est souvent oublié alors qu’il est simple à comprendre. Voyager durable, c’est donner la part importante à l’économie locale. En effet, dans certaines destinations, une part importante de ce que dépensent les visiteurs ne revient pas forcément au territoire et à la population locale.

Pour que l’argent que vous dépensez sur place soit une réelle aide pour le développement de l’économie locale, voici des exemples de réflexes à adopter :

  • Choisissez un hébergement indépendant plutôt qu’une chaîne internationale,
  • Optez pour un guide local plutôt qu’une plateforme,
  • Réservez dans un restaurant du coin plutôt qu’une enseigne internationale.

Ces décisions ont une portée directe. Elles ne changent pas votre bilan carbone mais elles vous permettent de savoir qui bénéficiera vraiment de vos dépenses sur place.

Engagement des professionnels : instrumentalisation ou authenticité ?

Face à cette volonté de voyager de façon plus responsable, l’offre a bien évidemment suivi. Plusieurs professionnels se déclarent aujourd’hui écoresponsables. Mais comment savoir si leurs actions responsables sont véritablement honnêtes ? Deux repères permettent de faire le tri :

  • Les labels avec un référentiel et des contrôles : La Clef Verte, créée en 1994 par la Foundation for Environmental Education et déployée en France par Teragir depuis 1998, s’applique aux hébergements touristiques et aux restaurants. Son référentiel couvre sept thématiques, dont l’énergie, l’eau, les déchets et les achats responsables, avec une soixantaine de critères obligatoires selon le type d’établissement, des audits et des preuves à fournir. L’Écolabel Européen existe aussi pour l’hébergement touristique, avec un cahier des charges public et encadré au niveau européen.
  • L’absence de preuve : Une mention autoproclamée sur un site, sans référentiel nommé ni organisme vérificateur, n’engage personne. Si l’établissement ne dit pas quel label il détient et qui l’a contrôlé, la question mérite d’être posée.

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Voyager responsable en résumé

Voyager responsable ne peut se limiter à l’accumulation de petits gestes durables, bien qu’ils ne mangent pas de pain ! Mais la différence se joue véritablement autour d’une hiérarchie de démarches. En premier lieu, prenez en compte la distance à parcourir. Ensuite, optez pour le mode de transport le plus durable possible. Enfin, déterminez une durée qui permette un amortissement suffisant du coût énergétique du trajet. C’est seulement après cette réflexion à trois niveaux qui doit venir le choix de l’hébergement, des prestataires locaux et des gestes à accomplir au quotidien.

Appliquées à large échelle et dans cet ordre précis, ces décisions peuvent avoir un réel effet positif. À l’inverse, négliger de les appliquer comme il se doit n’aura pour effet bénéfique et surtout illusoire que de rassurer celui qui les prend.

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